Moana : La Saveur des figues | Silène Edgar

Moana, Silène Edgar, Castelmore, 2018
Source : Castelmore

Bonjour à toutes et à tous !

Nous nous retrouvons aujourd’hui pour un article un peu spécial puisqu’il s’inscrit dans le cadre du FéminiBooks organisé par Ninon de la chaîne YouTube Opalyne, le projet étant aussi décliné sur Twitter et Facebook. L’objectif : présenter des livres en rapport avec le féminisme et la condition de la femme dans le monde afin d’inciter à élargir ses horizons et réfléchir ensemble sur cette thématique cruciale. Hier, Opalyne à partagé un vlog lecture, De la Plume au Clic nous parle aujourd’hui de King Kong Théorie de Virginie Despentes (que j’ai d’ailleurs chroniqué), tandis qu’Elaine V. Ker publiera demain un article à propos des Sentiments du prince Charles de Liv Strömquist.

Pour ma part, j’ai choisi un récit jeunesse qui saura, je l’espère, faire mûrir des réflexions chez tous les lecteurs, les petits comme les grands.

Après m’être plongée dans la France du XVIIe siècle sous la plume de Silène Edgar, me voilà avec un roman post-apocalyptique de la même autrice dont on reconnaît la patte sans difficulté.

Quel que soit le contexte, Silène Edgar semble avoir à cœur de faire passer des messages féministes et de soulever des réflexions sur la place des femmes dans la société. Dans Moana : La Saveur des figures, Moana – un prénom de garçon car son père voulait un fils – n’a que douze ans, mais son avenir est déjà tout tracé. Lorsqu’elle aura ses premières règles, elle sera mariée à un garçon du village pour enfanter, ce qui permettra à sa famille de recevoir davantage de nourriture.

L’alimentation est un enjeu central dans ce monde qui ne compte plus que dix millions d’habitants. Le froid a décimé l’humanité et de nombreux autres êtres vivants, si bien que les hommes se sont organisés en colonies dans les dernières régions habitables telles que la Polynésie où résident Moana et ses proches.

La notion de famille est essentielle dans le village de Moana : elle vit avec sa grand-mère, sa mère, ses frères et sœurs, sa tante, et… son arrière-grand-mère Mémine ! Rien d’exceptionnel à cela ? Dans cette société où les personnes âgées sont envoyées à la capitale dans les « maisons du souvenir » à soixante ans passés, Mémine n’a pas vraiment le droit de rester au village…

Une fois le lecteur familiarisé avec une Polynésie futuriste et loin d’être idyllique, Silène Edgar l’emmène sur les pas de Moana et Mémine qui vont prendre leur destin en main et découvrir le monde. Mais est-ce possible à douze et quatre-vingts ans ? Est-ce possible compte tenu des attentes de leur famille et de la société ?

Je vous laisserai le découvrir dans ce récit d’aventure immersif et accessible, une épopée rondement menée bien qu’un peu lisse par endroits. Silène Edgar a réussi à ne jamais m’ennuyer, même lors de longues traversées en bateau lors desquelles la lecture semble être la seule activité disponible.

Comme dans Les Lettres volées, il m’a semblé que les situations compliquées se résolvaient parfois un peu trop facilement, mais l’autrice plante si bien son décor et ses personnages, principaux comme secondaires, qu’on ne peut pas vraiment lui en vouloir.

Il ne faut pas oublier qu’il s’agit d’un roman jeunesse qui doit rester accessible ! Cela ne signifie pas que Silène Edgar livre un récit dénué de profondeur pour autant : outre la réflexion que Moana suscite autour de la féminité, ce premier tome est aussi une déclaration d’amour à la culture et à la nature. Autant d’enjeux essentiels dans notre monde et qui seront peut-être plus faciles à aborder par le biais de la fiction.

Si vous ne voulez pas vous lancer dans une trilogie, pas de crainte ! Pour ma part, je serais ravie de découvrir la suite des aventures de Moana, mais ce premier tome se suffit très bien à lui-même, et vous pourrez vous arrêter là sans être frustré pour autant.

Alors, si vous aimez la littérature jeunesse, je ne peux que vous inviter à découvrir ce roman !

Pour aller un peu plus loin dans la réflexion, je vous invite à découvrir l’article « Crowning the Crone » de Pam Grossman, publié par Sabat Magazine. Il y est question de la figure de la vieille femme dont traite aussi Mona Chollet dans Sorcières. Il est temps de réhabiliter la sagesse de nos aïeules dont Mémine est, dans Moana, le meilleur exemple !

Ma note

À lire et à faire lire

Informations sur le livre

Maison d’édition : Castelmore
Date de publication : 2018 (publié pour la première fois en 2010)
Pages : 288
ISBN : 978-2362312403

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