Ces rêves qu’on piétine – Sébastien Spitzer

Résumé

“Sous les bombardements, dans Berlin assiégé, la femme la plus puissante du IIIe Reich se terre avec ses six enfants dans le dernier refuge des dignitaires de l’Allemagne nazie. L’ambitieuse s’est hissée jusqu’aux plus hautes marches du pouvoir sans jamais se retourner sur ceux qu’elle a sacrifiés. Aux dernières heures du funeste régime, Magda s’enfonce dans l’abîme, avec ses secrets.
Au même moment, des centaines de femmes et d’hommes avancent sur un chemin poussiéreux, s’accrochant à ce qu’il leur reste de vie. Parmi ces survivants de l’enfer des camps, marche une enfant frêle et silencieuse. Ava est la dépositaire d’une tragique mémoire : dans un rouleau de cuir, elle tient cachées les lettres d’un père. Richard Friedländer, raflé parmi les premiers juifs, fut condamné par la folie d’un homme et le silence d’une femme : sa fille.
Elle aurait pu le sauver.
Elle s’appelle Magda Goebbels.”
(Source: Babelio)

ces rêves qu'on piétine

Mon avis

J’ai trouvé ce roman puissant, abordant un sujet extrêmement dur mais écrit avec brio. La plume de l’auteur est à la fois la force et la faiblesse de ce livre. Le lecteur peut deviner que l’écrivain est journaliste à travers son texte qui reste assez factuel, voire froid, une approche qui peut être déroutante pour un roman traitant du sujet de la Seconde Guerre Mondiale et des camps de concentration. Cela rend ce livre facile et rapide à lire, les phrases courtes s’enchaînant rapidement et de manière fluide. La distance entre les personnages et le narrateur, et donc le lecteur, m’a cependant empêchée de m’attacher aux protagonistes qui me semblaient éloignés, hors de portée. Au contraire, j’ai particulièrement apprécié le mélange entre la narration classique, les lettres et les extraits de poèmes de William Butler Yeats, ce qui confère au récit une dimension lyrique et lui injecte une dose d’émotions. La prose de Sébastien Spitzer n’est cependant pas en reste, son langage à la fois cru et poétique étant très agréable à lire.

Les personnages m’ont, comme évoqué précédemment, intéressée sans que je ne parvienne à m’y attacher. C’est sans doute le personnage de Lee Meyer qui m’a le plus touchée, probablement car elle adopte un rôle actif voire offensif, mordant, tandis que les autres personnages sont davantage passifs. J’ai aimé en apprendre plus sur Magda Goebbels et ai apprécié le fait que l’auteur ne prenne pas parti, relatant simplement des événements et des faits, bien que parfois probablement imaginés mais tout de même vraisemblables. Cela permet au lecteur de s’approprier le récit sans se voir dicter des émotions ou des sentiments à la lecture. Encore une fois, la distance m’a cependant empêchée de trembler avec les échappés des camps de concentration, et c’est cet aspect affectif qui m’a manqué dans ce roman.

L’univers que Sébastien Spitzer a non pas créé mais reconstitué dans son livre est le second point fort de cet ouvrage. L’auteur distille de nombreuses références historiques à des personnes ou événements précis, ce qui attise la curiosité du lecteur et l’incite à mener ses propres recherches. J’ai également particulièrement apprécié le fait de suivre principalement le parcours de femmes d’âges différents, ce qui permet d’apporter un point de vue féminin sur ces événements, sans pour autant éclipser les voix masculines. Malgré le caractère froid de son écriture, l’écrivain parvient à plonger ses lecteurs dans « l’ambiance » de la fin de la guerre, ce qui fait selon moi de Ces rêves qu’on piétine un roman à lire.

Ma note

♥♥♥♥1/2♡

Ce n’est pas un coup de cœur mais une très belle lecture, nécessaire pour ne pas oublier et s’informer sur la Seconde Guerre Mondiale.

Mes recommandations

Je recommanderais cette lecture à tous ceux qui s’intéressent à la Seconde Guerre Mondiale… et les autres, en tant que devoir de mémoire ! La distance avec les personnages pourrait même permettre aux lecteurs émotifs de se plonger dans ce livre sans en ressortir détruits suite à l’évocation d’un sujet aussi dur.

Pour aller plus loin

Informations sur le livre

Maison d’édition: Les éditions de l’observatoire
Date de publication: 2017
Pages: 304
ISBN: 979-1032900710

Source de l’image: Bibliosurf.com

4 commentaires

  1. Tu as raison de mettre en avant l’aspect factuel du roman, c’est pour moi ce qui fait sa force ! J’ai beaucoup aimé aussi le personnage de Lee Meyer pour les mêmes raisons que toi. Je ne l’ai pas évoqué dans ma chronique mais son rôle est important sur le dernier quart du bouquin. Et ce personnage est inspirée d’une vraie photographe de cette période–j’ai aimé la référence

    Aimé par 1 personne

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