L’éveil des sorcières | Katia Bougchiche

« Toute femme ouverte à la sagesse contenue dans ses cellules comprend que la vie est tout à la fois un enchantement et un mystère. »

— Katia Bougchiche, L’éveil des sorcières

« Initiation au féminin sacré ». Telle est la promesse de L’éveil des sorcières, écrit par la psychothérapeute et guérisseuse Katia Bougchiche, qui puise dans ses initiations au chamanisme, aux chakras et à l’énergétique pour aider les femmes à se reconnecter avec leur féminin sacré.

Elle explique d’abord brièvement son parcours dans une introduction bienvenue qui, bien que très personnelle, permet de replacer l’ouvrage dans son contexte et de mieux comprendre la voix qui s’adresse aux lecteurs et lectrices.

Une structure autour d’une expérience personnelle du féminin sacré

Divisé en quatre parties, ce livre propose en premier lieu de se relier à la lune et rappelle l’importance des cycles, des saisons… et l’intérêt de les respecter ! Dans une société qui encourage à la performance continue, Katia Bougchiche nous invite à revenir à un rythme plus naturel, en phase avec les mouvements lunaires. Plusieurs rituels sont suggérés pour honorer et profiter du pouvoir de la lune, dont il faut prendre conscience de la face sombre pour se découvrir et être pleinement soi-même. En somme, une brève introduction aux liens entre le féminin et la lune qui donnera certainement envie à plusieurs lecteurs et lectrices d’aller plus loin – il sera alors sûrement nécessaire de se procurer un livre approfondissant davantage ce sujet.

La deuxième partie se concentre sur la vie intérieure des femmes et donne plusieurs pistes pour explorer cette part de la personnalité, impalpable mais puissante. L’autrice se penche particulièrement sur le décryptage des rêves, le développement de l’intuition et l’alchimie. Non dans le but d’amasser les pièces d’or, mais dans l’objectif de transformer le négatif (ce qui « plombe ») en une véritable richesse, notamment émotionnelle. Ici encore, diverses suggestions de rituels et de pratiques ponctuent la lecture pour offrir des clés aux lecteurs et lectrices, qui pourraient tenter regarder la théorie d’un œil perplexe.

La troisième partie est quant à elle consacrée au chamanisme et m’a parue plus difficile d’accès. Katia Bougchiche y partage ses diverses expériences ainsi que quelques rituels qui m’ont semblé relativement flous et abstraits, comme si cette partie était plus symbolique que réellement initiatique… Je ne saurais expliciter plus en détail ce ressenti, et il est sûrement question d’affinités personnelles avec telle ou telle approche, telle ou telle pratique. Pour ma part, je n’ai pas réussi à me reconnaître dans ces propositions de reconnexion au règne de la nature et aux éléments, qui sont pourtant des aspects très intéressants et à mon sens primordiaux dans toute tentative d’approche du féminin sacré.

En revanche, j’ai davantage apprécié le chapitre sur le « verbe » dans la quatrième partie, consacrée au pouvoir de création. Si l’idée de « matrice » ou « chaudron » me paraît intéressante, c’est réellement lorsque l’autrice a abordé les mots et leurs pouvoir que j’ai pu m’identifier à ses propos et les sentir résonner en moi – amoureux et amoureuses des lettres, bonjour !

Je considère toutefois que « la magie des mots », pour reprendre son expression, va au-delà de l’expression orale sur laquelle elle s’est concentrée. Elle évoque bien sûr l’écrit, notamment la poésie, mais insiste beaucoup sur le « dire » et l’« écoute » dans leur acception restreinte, ce qui m’a semblé dommage au vu des multiples formes de communication.

Le dernier chapitre, dédié à l’énergie sexuelle, m’a quant à lui laissé relativement dubitative : la femme, qu’elle souhaite enfanter ou non, est ramenée à son rôle de mère car elle inspire, féconde et donne à celle et ceux qui l’entourent. Une façon curieuse de conclure un ouvrage pourtant susceptible de pousser les femmes à s’émanciper de ce rôle de mère qui leur colle à la peau, même si je comprends la volonté de l’autrice d’élargir le sens de « mère » pour souligner le pouvoir nourricier des femmes

Où sont les sorcières ? Ou comment survoler un sujet complexe

L’éveil des sorcières propose en tout cas un panorama assez large d’approches et d’outils pour explorer et commencer à se réapproprier sa féminité, notamment par l’intermédiaire de rituels et par la compréhension des archétypes féminins qui peuvent inspirer, guider et éclairer. J’ai toutefois trouvé cet ouvrage très personnel, fondé sur l’expérience intime de l’autrice, et n’y ai pas trouvé l’initiation individuelle à laquelle je m’attendais.

De plus, nombre des rituels et exercices qui sont suggérés, en apparence simples, me semblent en réalité assez complexes à mettre en pratique. Faire le vide ou se reconnecter à son corps semblent être l’affaire de quelques respirations, alors qu’il s’agit véritablement d’un apprentissage difficile au long cours.

S’il peut constituer une introduction intéressante au sujet du féminin sacré, ce livre ne m’a pas permis de réellement explorer cette facette de moi-même, et je dois avouer avoir été surprise par le manque de cohérence réelle entre le titre et le contenu. Les « sorcières » ne tiennent finalement qu’une toute petite place dans cet ouvrage, davantage tourné vers le féminin au sens plus large. Faut-il alors comprendre « sorcière » et « femme » comme des synonymes ? « Sorcière » n’est-il devenu qu’un terme accrocheur pour attirer des lecteurs et lectrices en quête de sens, de spiritualité et de racines, surtout après le succès de Sorcières de Mona Chollet ? Cela serait fort dommage, car la sorcière est une figure bien plus complexe que l’on voudrait nous le faire croire…

C’est d’ailleurs probablement ce manque de complexité et de profondeur que je reprocherais au livre dans son ensemble. La mise en page est soignée, le texte est émaillé de belles illustrations en noir et blanc de Clémentine du Pontavice, certaines phrases sont mises en exergue pour en souligner l’importance… mais tout cela reste en surface. L’écriture est quant à elle poétique et agréable à lire, mais parfois peut-être un peu trop travaillée, la forme affaiblissant le fond qui se perd dans des tournures de phrases alambiquées.

Une lecture en demi-teinte, donc, qui reste néanmoins inspirante et agréable, à découvrir si vous avez l’occasion d’emprunter cet ouvrage et que ce sujet vous intéresse sans trop savoir par où commencer !

Ma note

Mitigée

Informations sur le livre

Autrice : Katia Bougchiche
Illustratrice : Clémentine du Pontavice
Maison d’édition : Éditions Leduc.S
Date de publication : Octobre 2019
Pages : 264
ISBN: 979-1028515904

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